MacCready pour le parapentiste
La vitesse de consigne répond à la question : « qu’exige l’air dans lequel je vole en ce moment ? » La théorie de MacCready ajoute une seconde question, tournée vers l’avant : « quelle sera la force de ma prochaine ascendance ? » Ensemble, elles vous disent à quelle vitesse faire vos transitions entre thermiques en cross.
L’idée de Paul MacCready, empruntée à la compétition en planeur : l’altitude a un prix, et ce prix est fixé par votre prochain thermique. Si les ascendances sont fortes, la hauteur se remplace à bon compte — vous pouvez donc la brûler pour de la vitesse. Si elles sont faibles, la hauteur est précieuse — planez avec économie.
Ce que le calage MacCready veut vraiment dire
Le calage MacCready — « valeur MC » ou calage de l’anneau — tient en un seul nombre : le taux de montée moyen, en m/s, que vous attendez du prochain thermique où vous vous arrêterez. Caler MC 2, c’est affirmer : ma prochaine ascendance fera 2 m/s de moyenne, de l’entrée à la sortie — y compris le centrage laborieux du bas.
Mathématiquement, la vitesse de transition optimale sort de la même construction par tangente que la vitesse de consigne : décalez l’origine vers le haut de la valeur MC, comme si vous traversiez un air montant à ce taux dans lequel vous refusez d’enrouler. Un MC plus élevé pousse le point de tangence vers la droite : transitez plus vite.
Calez MC à zéro et la théorie vous rend la simple finesse max : maximiser la distance, ignorer le temps. C’est votre calage quand arriver tout court est en jeu — en grattant vers un champ posable ou en étirant une finale au-dessus d’une zone invachable.
Pourquoi une forte montée attendue fait voler plus vite
Pensez en comptabilité de temps. Transiter plus vite, c’est arriver plus bas au thermique suivant — vous avez troqué de la hauteur contre du temps pendant le plané. Cette hauteur sacrifiée devra être regagnée en spirale, et son coût dépend entièrement de la force du thermique.
Si la prochaine ascendance fait 3 m/s de moyenne, 100 mètres de hauteur se rachètent en 33 secondes — c’est bon marché, foncez. Si elle fait 0,5 m/s, les mêmes 100 mètres coûtent plus de trois minutes — c’est cher, planez près de la finesse max et thésaurisez votre altitude. Bien voler le MC minimise le temps total : plané plus montée.
Voilà pourquoi la même transition se vole différemment à 14 h sous un ciel qui claque et à 18 h dans une thermique mourante. Rien n’a changé dans l’air entre les thermiques — seulement le prix de l’altitude qu’il faudra racheter à l’autre bout.
Réserves honnêtes pour le parapente
La théorie de MacCready a été bâtie pour des planeurs de finesse 40 et plus, avec des ascendances fortes et fiables. Un parapente monte à 1–2 m/s les bons jours, et notre finesse se dégrade nettement au barreau — la polaire plonge là où celle d’un planeur reste plate. Les vitesses MC optimales sont donc plus proches de bras hauts que le pedigree planeur de la théorie ne le suggère.
La théorie suppose aussi que vous trouverez ce prochain thermique. En parapente, arriver 200 mètres plus bas peut signifier arriver sous la couche qui marche — et aller à la vache. Un risque asymétrique qu’aucune tangente ne capture. Beaucoup de pilotes expérimentés volent délibérément un MacCready « dégradé » : calez environ la moitié de la montée que vous attendez honnêtement.
En pratique : rapprochez-vous du MC les jours forts à plafond haut, en finale, et sous le vent d’un thermique de service fiable. Volez conservateur — MC proche de zéro — quand vous êtes bas, en conditions faibles ou au-dessus d’un terrain hostile. MacCready est un plafond d’agressivité, pas un plancher.